Maintenant que Trump semble avoir reculé sur le Groenland, Bruxelles reprend l'examen de l'accord commercial de l'été dernier avec les États-Unis (les fameux 15% de droits de douane)

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BFM | 4 février 2026

Maintenant que Trump semble avoir reculé sur le Groenland, Bruxelles reprend l'examen de l'accord commercial de l'été dernier avec les États-Unis (les fameux 15% de droits de douane)

par Emma Rodot avec AFP

Le Parlement européen reprend l'examen de l'accord commercial avec les Etats-Unis trouvé en juillet 2025, après que Bruxelles ait gelé sa ratification le 20 janvier dernier, en raison des déclarations de Donald Trump sur le Groenland.

Le Parlement européen a annoncé, mercredi, reprendre l'examen de l'accord commercial avec les Etats-Unis, à la suite du recul de Donald Trump sur le Groenland.

Les eurodéputés sont prêts à "avancer rapidement", "à condition que les États-Unis respectent l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Union et de ses États membres", a indiqué l'eurodéputé allemand Bernd Lange, qui préside la Commission en charge du commerce.

Le 20 janvier, le Parlement européen avait gelé la ratification de cet accord trouvé avec les Etats-Unis en juillet, notamment pour contester les menaces de Donald Trump sur le Groenland. Une majorité avait été trouvée entre les groupes politiques, avait alors assuré la présidente du groupe S&D (social-démocrate), Iratxe Garcia Perez.

Concrètement, cet accord commercial prévoit des droits de douane de 15% sur les exportations européennes vers les États-Unis (comme les automobiles, les médicaments, les semi-conducteurs, le vin ou encore le bois), et leur suppression en ce qui concerne les exportations américaines vers l'UE.

Mercredi, les eurodéputés ont en effet jugé "inacceptables" des droits de douane pouvant atteindre 50% sur des produits européens en acier et en aluminium.

"Tant que ces droits de douane ne seront pas ramenés à 15%, il ne peut être question d'un accès sans droits de douane pour l'acier et l'aluminium américains sur le marché européen", a prévenu Bernd Lange, qui estime que la reprise des travaux n'est "pas un chèque en blanc".

Les eurodéputés ont convenu d'ajouter dans le texte la possibilité de suspendre "l'application de l'accord à tout moment si les intérêts, la sécurité ou l'intégrité territoriale de l'Europe sont menacés". Ils pourraient se prononcer sur cet accord fin février en commission, puis dans les semaines suivantes dans l'hémicycle.

L'Europe veut proposer à Washington un protocole d'accord sur les terres rares

Ce repositionnement intervient alors que Bruxelles et Washington cherchent à se rapprocher sur d'autres sujets stratégiques communs face à la Chine, comme celui des terres rares.

Mercredi et jeudi, le secrétaire d'Etat américian, Marco Rubio, préside à Washington un sommet ministériel sur les minerais critiques. Un sujet épineux outre-Atlantique, car les États-Unis importent environ 80% des terres rares qu'ils consomment, dont environ la moitié viennent de Chine, alors que Pékin contrôle près de 70% de l'extraction mondiale et environ 90% du raffinage.

Tel qu'expliqué dans notre article, le sujet des terres rares est si critique que l'Europe serait prête à s'unir avec les Etats-Unis pour contrer la Chine.

Selon Bloomberg, l’Union européenne souhaite d'ailleurs proposer aux États-Unis un partenariat stratégique sur les minéraux critiques. Un protocole d’accord pourrait être signé rapidement pour établir, sous trois mois, une feuille de route commune visant à sécuriser l’approvisionnement en minerais essentiels aux technologies modernes, aujourd’hui largement dominé par Pékin.

Le projet prévoit des mécanismes de soutien ou de stabilisation des prix, la protection des marchés contre les exportations à bas coût et la création de chaînes d’approvisionnement sécurisées entre l’UE et les États-Unis. Mais aussi une coopération en matière de R&D et la possibilité de constituer des stocks stratégiques, la priorité affichée par le président américain Donald Trump.


  Source: BFM