(Interview Yonhap) Pour le chef de la ZLECAf, l'Afrique offre de la prévisibilité aux investissements coréens

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Yonhap News Agency, 29 Mai 2025
Par Fabien Schneider

(Interview Yonhap) Pour le chef de la ZLECAf, l'Afrique offre de la prévisibilité aux investissements coréens

JEJU, 29 mai (Yonhap) -- L'Afrique offre à la Corée du Sud un marché alternatif fiable fondé sur un système de règles et la prévisibilité, ce qui en fait un partenaire attractif dans un contexte de commerce mondial en mutation, estime le chef du plus grand bloc de libre-échange du continent africain. Wamkele Mene, secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), espère que la Corée et l'Afrique travailleront main dans la main pour se donner des opportunités d'étendre davantage leurs partenariats.

«Ce que nous proposons est un marché alternatif fiable, digne de confiance qui donnera à votre investissement de la garantie de marché, de la prévisibilité de marché et un système d'échanges reposant sur des règles», a expliqué Mene dans un entretien accordé mercredi à l'agence de presse Yonhap, en marge du 20e Forum de Jeju pour la paix et la prospérité.

Le Sud-Africain dirige depuis son élection en 2020 l'organe de supervision de ce projet ambitieux de zone de libre-échange, qui est entrée en vigueur officiellement en 2019. Ce projet, qui vise à créer un marché unique pour l'ensemble du continent, a été signé par 54 des 55 Etats d'Afrique et ratifié par 48 d'entre eux.

«Evidemment, les Etats-Unis sont un important marché pour la Corée du Sud. Toutefois, le monde change rapidement. J'ai la conviction que tous les pays doivent se demander où sont leurs marchés alternatifs si leur partenaire impose des droits de douane qui vont à l'encontre de leur accord de libre-échange», a continué Mene. «Je suis convaincu qu'une fois qu'il y aura un nouveau gouvernement (sud-coréen), nous nous remettrons en selle pour déterminer les projets rentables dans lesquels investir, pour lesquels nous trouvons un accès aux marchés pour du commerce, et pour renforcer cet aspect-là de nos relations.»
Alors que la Corée s'apprête à choisir dans quelques jours son nouveau président, Mene a assuré qu'il collaborerait avec le prochain gouvernement pour garantir que le chemin tracé lors du premier sommet Afrique-Corée du Sud l'année passée soit maintenu.

«C'est un signal très encourageant de voir que quel que soit le parti qui gagne, le partenariat avec le continent africain restera une priorité», s'est-il réjoui. «Jusqu'à présent, je n'ai aucune raison de croire que le nouveau gouvernement s'écartera de ce qui a été convenu.» Il s'est par ailleurs dit prêt à visiter de nouveau Séoul pour rencontrer la nouvelle administration et reprendre le dialogue sur la suite à donner au sommet.

Alors qu'il mettait en avant le potentiel considérable en matière d'investissements en Afrique pour les entreprises sud-coréennes, Mene s'est attardé sur la manufacture en tant que secteur important pour la construction de ce partenariat, au même titre que les minerais critiques et les énergies renouvelables. «Hyundai, Samsung et LG pourraient développer leurs capacités de manufacture et de production en Afrique», a-t-il proposé. «Nous devons encourager davantage de secteurs privés coréens à tirer profit de la ZLECAf car cela donnera aux investisseurs coréens un accès privilégié aux marchés de 48 Etats sur le continent.»

Dans le même ordre d'idée, Mene a dit considérer le premier sommet entre l'Afrique et la Corée comme un point de départ qui a permis aux deux côtés d'identifier les opportunités de commerce et d'investissement. «Je crois qu'il est très important que nous donnions suite à ces engagements et aspirations qui figurent dans la déclaration de ce sommet», a continué Mene. «La façon dont nous pouvons faire s'asseoir autour d'une table les secteurs privés pour qu'ils identifient les opportunités d'investissement est effectivement la prochaine tâche immédiate à accomplir.»


  Fuente: Yonhap News Agency