Falcon Energy Materials engage une procédure d’arbitrage international contre la Guinée tout en poursuivant le développement de son usine d’anodes au Maroc

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Barlamane.com | 16 mars 2026

Falcon Energy Materials engage une procédure d’arbitrage international contre la Guinée tout en poursuivant le développement de son usine d’anodes au Maroc

La société minière et chimique Falcon Energy Materials a annoncé, lundi 16 mars, l’ouverture d’une procédure d’arbitrage international contre la Guinée après la révocation de son permis d’exploitation sur le projet de graphite Lola, tandis que l’entreprise confirme la poursuite de son projet industriel au Maroc.

Falcon Energy Materials, spécialisée dans le raffinage chimique du graphite naturel, travaille actuellement à la création d’une installation industrielle capable de produire 26 000 tonnes par an de graphite sphéronisé purifié revêtu (CSPG), matériau utilisé dans les solutions de stockage d’énergie. Le groupe indique coopérer avec des partenaires technologiques chinois et plusieurs industriels marocains afin d’assurer l’approvisionnement en matières premières et en produits chimiques nécessaires à cette production destinée aux marchés internationaux.

Le groupe, coté à la Bourse de croissance de Toronto, indique avoir déposé une requête d’arbitrage auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), institution rattachée au Groupe de la Banque mondiale. La procédure repose sur le traité bilatéral d’investissement conclu entre les Émirats arabes unis et la Guinée.

L’entreprise estime avoir subi une expropriation illégale après l’annulation de son permis minier par décret présidentiel et réclame une indemnisation initialement évaluée à cent millions de dollars.

Révocation du permis minier et recours au CIRDI

Falcon Energy Materials précise que la requête d’arbitrage décrit les circonstances du différend, la nature des griefs formulés contre l’État guinéen et une première estimation des dommages subis par la société. Le groupe explique que les autorités de Conakry ont retiré, le 14 mai 2025, la licence d’exploitation du projet Lola par décret présidentiel.

La direction indique avoir tenté d’ouvrir des discussions avec le ministère guinéen des mines après cette décision, mais affirme que ces démarches sont restées sans réponse. La société rappelle avoir ensuite notifié officiellement un différend au titre du traité d’investissement liant les Émirats arabes unis et la Guinée, ce qui a déclenché une période de six mois destinée à rechercher un règlement amiable.

Falcon indique que les négociations ont été prolongées au-delà de ce délai avant que la société ne conclue que les autorités guinéennes ne proposeraient aucune compensation. L’entreprise souligne que «la requête d’arbitrage expose l’historique du différend, un résumé des réclamations de la société et une première estimation des dommages subis, actuellement évalués à cent millions de dollars.»

La convention du CIRDI, ratifiée par cent cinquante-huit États dont la Guinée, prévoit qu’une sentence arbitrale peut être exécutée dans chacun de ces pays comme un jugement rendu par leurs juridictions nationales. Falcon ajoute que les États concernés se conforment souvent volontairement aux décisions arbitrales.

Le directeur général de Falcon Energy Materials, Matthieu Bos, déclare que «l’entreprise regrette d’avoir dû recourir à une procédure judiciaire mais se dit prête à présenter une demande d’indemnisation couvrant à la fois la perte de ses actifs en Guinée et les dommages supplémentaires résultant des décisions des autorités guinéennes.»

Le dirigeant ajoute que «la récente levée de capitaux a permis d’obtenir le soutien complet des actionnaires pour mener cette procédure et de disposer des ressources nécessaires pour couvrir l’ensemble des frais juridiques.» Il précise également que «la société continuera d’affiner ses réclamations au cours de l’arbitrage tout en concentrant ses efforts sur le développement de son usine d’anodes au Maroc.»


  Source: Barlamane.com