Accord UE-Maroc, résolution 2797 : la prédation du Sahara occidental continue

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Tomate sahraouie, 11 december 2025

Accord UE-Maroc, résolution 2797 : la prédation du Sahara occidental continue

Les accords diplomatiques récents ne font qu’avaliser l’annexion graduelle du Sahara occidental par le Maroc. Pour être plus explicite, la prédation a toujours existé et s’accentue, au seul bénéfice du roi et de ses oligarques, qui y impose un modèle agro-exportateur catastrophique pour les populations et l’environnement. La grande distribution en France et en Europe a d’ailleurs un rôle méconnu et très dommageable : celle d’importatrice de tomates produites… en plein désert.

Ainsi, la prolongation de l’accord commercial UE-Maroc début octobre aboutit à l’élaboration d’un mécanisme de compensation afin de reverser des avantages aux populations sahraouies. Or, il a été convenu que l’Europe prendra en charge l’intégralité du financement. Première surprise ! La deuxième, c’est que l’un des volets du mécanisme comprend le financement de projets dans l’irrigation, les énergies renouvelables ou encore le dessalement de l’eau de mer dans le territoire disputé. Or, ce genre de projets actuellement mis en œuvre sont réalisés par des entreprises marocaines sous la coupe directe du roi (via la holding royale Al Mada) et de ses oligarques, notamment le premier Ministre milliardaire Aziz Akhannouch (via Akwa Group). Grandiose !

Concernant la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies concernant le Sahara occidental, fin octobre, les Marocains veulent faire croire à une victoire alors que cela apparaît également être une forme de reconnaissance de la résistance sahraouie. D’une part, la résolution prolonge le mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) jusqu’au 31 octobre 2026, ce qui peut s’analyser comme une garantie faite aux Sahraouis que le Conseil de sécurité des Nations unies reste pleinement engagé. Ensuite, il est explicitement mentionné que les Nations unies vont « aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable ». Enfin, le terme autodétermination est employé tout comme l’importance de l’aide humanitaire pour les populations. En clair, la solution politique unilatérale à la marocaine s’évapore. Même si la prédation économique poursuit son chemin.

La construction de la deuxième tranche du Western Sahara project

43 trous recensés dans le désert, qui s’ajouteraient aux 12 éoliennes déjà construites et identifiées au Sud/Sud-Est de l’usine de dessalement. La deuxième tranche du Western Sahara project est lancée à l’été 2024 avec le terrassement des zones de supports des pylônes d’éoliennes. Le parc éolien de 58 turbines de fabrication chinoise, dans le secteur identifié (coordonnées : 24.241702, -15.296603 ; 90 km au Nord/Nord-Est de Dakhla), est développé par le consortium Green of Africa (GOA Dakhla). Le projet, qui doit être mis en service en 2026, est dimensionné à 360 MW. Les travaux ont démarré à l’automne 2024, alors que le financement a été signé en janvier 2025 par un consortium de banques marocaines. En juin 2025, le WSRW (Western Sahara Resource Watch) a chroniqué l’arrivée des éoliennes chinoises à Laâyoune.

Outre d’être un énième exemple de la prédation économique du Sahara occidental par les intérêts marocains, Green of Africa symbolise également la ploutocratie du régime. En effet, Green of Africa Dakhla est détenu à 70% par Green of Africa, coentreprise créée par O Capital Group et Akwa Group) et à 30 % par la société française Vinci. O Capital Group est une holding présente dans un grand nombre d’activité et contrôlée par Othman Benjelloun, dont la fortune rivalise avec celle du roi Mohammed VI. Quant à Akwa Group, cette holding très diversifiée est la propriété d’Aziz Akhannouch, qui n’est autre que le premier Ministre marocain et également milliardaire.

L’électricité produite par les éoliennes alimentera l’usine de dessalement, un pilier essentiel au développement de l’agriculture d’exportation, notamment les usines à tomates. Avec le soutien – et pour le plus grand bénéfice – des enseignes de la grande distribution en France et en Europe.


  Fuente: Tomate sahraouie