ObservAlgérie | 27 janvier 2025
Accord d'association Algérie-Europe : précisions importantes de Tebboune
par Aylan Afir
L'Algérie entame une nouvelle phase dans ses relations avec l'Union européenne (UE). Lors d'une réunion du Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a donné des précisions importantes sur notamment ce qui est recherché par l'Algérie dans sa volonté de réviser l'accord d'association qui lie l'Algérie à l'UE depuis 2005. Ce partenariat, conçu pour favoriser des échanges économiques équilibrés, est désormais jugé inadapté à la réalité économique actuelle du pays.
En 2005, au moment de l’entrée en vigueur de l’accord, l’Algérie reposait presque exclusivement sur ses exportations d’hydrocarbures. Vingt ans plus tard, la situation a évolué : le pays a diversifié son économie et ses exportations. Selon le président Tebboune, cette transformation rend nécessaire une révision des termes de l’accord afin de mieux refléter les nouvelles capacités économiques algériennes.
Une économie en mutation
L’Algérie exporte désormais des produits agricoles, miniers, alimentaires et industriels, une diversité qui, selon les autorités, doit se traduire par un accès accru aux marchés européens. Dans ses précisions exprimées lors du dernier Conseil des ministres, le président a insisté sur le fait que cette révision vise à construire un partenariat économique gagnant-gagnant, tout en préservant de bonnes relations avec l’UE.
Selon le communiqué de la présidence de la République publié sur ses réseaux sociaux, Abdelmadjid Tebboune a estimé que « la révision de cet accord d'association est imposé par des données économiques réalistes ». « A l’entrée en vigueur de cet accord en 2005, les exportations de l’Algérie étaient essentiellement composée d’hydrocarbures. Mais la donne a changé depuis. Aujourd’hui nos exportations hors hydrocarbures se sont diversifiées et élargies, notamment dans l’agriculture, des minéraux, les produits miniers, les produits alimentaires et autres », a précisé le Chef de l'Etat algérien.
Une révision pour plus d'équilibre
Le président Tebboune a également souligné que l’objectif de cette révision n’était pas un conflit avec l’UE, mais plutôt une adaptation réaliste à l’évolution des échanges commerciaux. L’Algérie souhaite notamment obtenir une augmentation des quotas pour ses produits hors hydrocarbures, dont l’accès au marché européen reste limité par des normes ou des restrictions.
Par ailleurs, le gouvernement algérien a rappelé le déséquilibre persistant dans les relations commerciales entre les deux parties. Depuis 2005, les échanges ont totalisé 1000 milliards de dollars, principalement dominés par les exportations d’hydrocarbures algériens et les importations de produits industriels européens. Les investissements européens en Algérie, eux, n'ont atteint que 13 milliards de dollars sur cette même période, un chiffre jugé insuffisant par Alger.
Un contexte de tensions commerciales
Cette volonté de révision intervient également dans un contexte où les relations commerciales entre les deux parties ont connu des frictions récentes. En juin 2024, l’Union européenne avait lancé une procédure de règlement des différends contre le pays d'Afrique du Nord, reprochant des restrictions sur les importations européennes. De son côté, Alger a dénoncé le manque d’investissements européens et l’absence de réciprocité dans les échanges.
Cette démarche marque une étape importante dans la stratégie économique algérienne, tournée vers une valorisation de ses productions locales et une attractivité accrue pour les investisseurs étrangers. Les discussions qui s’annoncent seront cruciales pour définir les nouvelles bases de cet accord d'association, et déterminer si l’équilibre recherché peut être atteint.