Accord commercial UE-Australie : un nouveau coup de massue pour les agriculteurs français ?

Europe 1 | 6 février 2026

Accord commercial UE-Australie : un nouveau coup de massue pour les agriculteurs français ?

Par Barthélémy Philippe

Après le Mercosur et un accord fraîchement conclu avec l’Inde, l’Union européenne s’apprête à relancer les négociations de libre-échange avec l’Australie. Une initiative portée par Ursula von der Leyen qui inquiète fortement le monde agricole, alors que Canberra, géant des exportations de viande, pourrait devenir un nouveau concurrent de taille pour les producteurs européens, à la veille du Salon de l’agriculture.

L’Europe en quête d’accords commerciaux tous azimuts, depuis que les États-Unis de Donald Trump lui ont tourné le dos.

Après la saga du Mercosur, l’Union a signé un accord de libre-échange avec l’Inde. Et ce n’est pas fini. D’ici quelques jours, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, va s’envoler pour Canberra, en Australie, pour tenter de conclure un nouvel accord de libre-échange avec l’Australie.

Problème, à quelques jours de l’ouverture du salon de l’Agriculture, cette perspective risque de relancer la fronde des paysans car L’Australie est une grande puissance agricole, dont les exportations pourraient ouvrir un nouveau front concurrentiel pour les producteurs français et européens.

En quoi consiste-t-il ?

Le projet d’accord vise notamment à supprimer les droits de douane sur les importations de viandes. Or, l’Australie est l’un des principaux exportateurs mondiaux de viande ovine, le mouton et l’agneau ainsi que de bœuf.

À la demande de la France et d’autres États-membres, la Commission européenne tente de limiter le volume des exportations à moins de 50.000 tonnes de viande par an, deux fois moins que pour le Mercosur.

"La France, qui était une grande puissance agricole, s’effondre"

Mais le gouvernement australien réclame des quotas plus importants, de quoi inquiéter Véronique Le Floch’, présidente de la Coordination rurale.

"Ils veulent vraiment augmenter les exportations de viande vers chez nous. Leur production augmente avec des progressions à deux chiffres. Donc pour nous c’est une menace de plus. La France, qui était une grande puissance agricole, s’effondre. Est-ce qu’on continue dans ce chemin ou est-ce qu’ils vont finir par comprendre que l’agriculture doit être exclue de tous les accords de libre-échange ?", détaille-t-elle.

Certes, l’accord inclut des contreparties avec des facilités d’exportations pour les AOP, comme les vins, les fromages ou l’huile d’olive.

Mais avec 27 millions d’habitants seulement, l’Australie est un marché minuscule face à l’Union européenne et ses 450 millions de consommateurs.


  Source: Europe 1