La France refuse de signer l'accord UE-Mercosur tant qu'une clause de sauvegarde n'est pas adoptée

BFM avec AFP | 2 novembre 2025

La France refuse de signer l'accord UE-Mercosur tant qu'une clause de sauvegarde n'est pas adoptée

Le ministre délégué chargé de l'Europe Benjamin Haddad a déclaré que la clause de sauvegarde, censée protéger les secteurs agricoles, doit d'abord être "adoptée et reconnue par les pays du Mercosur avant toute signature de l'accord".

La clause de sauvegarde renforcée proposée par Bruxelles pour protéger les secteurs agricoles dans le cadre de l'accord commercial entre l'UE et quatre pays du Mercosur, doit être "adoptée et reconnue par les pays" latino-américains "avant toute signature de l'accord", a souligné dimanche le ministre français chargé de l'Europe.

La Commission européenne avait annoncé début septembre des "mesures de sauvegarde", en espérant arracher un feu vert de la France.

"Nous voulons que cette clause soit adoptée et reconnue par les pays du Mercosur avant toute signature de l'accord", a déclaré le ministre Benjamin Haddad dans un entretien avec le Journal du Dimanche (JDD), précisant que la France était en train "d'évaluer" si les garanties protègeraient "efficacement les filières agricoles des perturbations de marché".

"Le deuxième point essentiel, et sur lequel nous voulons un résultat rapide, c'est la nécessité d'avoir une série de clauses miroirs pour que les mêmes normes soient appliquées aux produits européens et aux produits importés", a-t-il ajouté, rappelant que la seule boussole du gouvernement était la défense des agriculteurs "face à la concurrence déloyale".
Tic-tac

Ces propos interviennent alors que le temps presse. Bruxelles escompte obtenir l'aval des Etats européens avant fin décembre, tant que le Brésilien Lula occupe la présidence tournante du Mercosur.

Destiné à libéraliser les échanges entre l'Union européenne et des pays d'Amérique latine, dont les deux géants Brésil et Argentine, l'accord avait été signé fin 2024. Adopté le 3 septembre 2025 par la Commission européenne, le texte doit encore être approuvé par les 27 pays membres avant d'entrer en application.

Ce traité prévoit d'augmenter les exportations européennes de voitures, de machines, de vins. En retour, il facilitera les importations de boeuf, volaille, sucre ou miel grâce à des droits de douane réduits.
Un "suivi renforcé" des "produits sensibles"

Les secteurs affectés redoutent une concurrence "déloyale" du fait de normes sociales et environnementales différentes, à même de faire plonger les prix pour des filières déjà en difficulté.

Pour tenter de rassurer, la Commission a proposé début septembre des clauses de sauvegarde "renforcées", en cas de brusque hausse des importations ou baisse des prix, avec un "suivi renforcé" des "produits sensibles".

Faute de parvenir à une minorité de blocage au sein de l'UE, le président Emmanuel Macron avait déclaré début juin être prêt à signer d'ici fin 2025 sous condition. La France demande aussi un mécanisme de contrôles sanitaires renforcés.

"C'est à l'aune de ces différents éléments, une fois que le paquet final aura été soumis par la Commission, que nous serons en mesure de nous prononcer définitivement sur cet accord", a prévenu dimanche Benjamin Haddad.


  Source: BFM