ECVC appelle les eurodéputé·es à rejeter l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis

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Coordination Européenne Via Campesina | 9 juin 2026

ECVC appelle les eurodéputé·es à rejeter l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis

Nous défendons notre souveraineté alimentaire ainsi que le droit des citoyen·nes à une alimentation saine qui sont garantis lorsque l’on laisse les paysan·nes nourrir la population plutôt que de les forcer à se mettre en concurrence avec l’agriculture industrielle états-unienne. L’Union européenne doit s’engager fermement en faveur de son autonomie stratégique et contre les agressions des États-Unis, qui provoquent une intensification des conflits dans le monde, au détriment de l’autodétermination des peuples. ECVC appelle les eurodéputé·es à voter contre l’accord commercial avec les États-Unis en se positionnant ainsi du côté des paysan·nes et du droit international !

Le Parlement européen va se prononcer à nouveau lors de la plénière du mardi 16 juin sur l’accord signé par Ursula von der Leyen et Donald Trump en juillet 2025. Tout d’abord, le texte formalise l’élimination des droits de douane sur un grand nombre de produits provenant des États-Unis, principalement agroalimentaires, alors que, de l’autre côté, les droits de douane s’élèvent à 15 % sur l’ensemble des exportations de l’UE. Ensuite, il confirme la déclaration conjointe de l’UE et des États-Unis, dans laquelle un cadre de déréglementation des « barrières non tarifaires » est prévu. Ceci motive le détricotage des normes (phyto-)sanitaires et environnementales auquel nous assistons au sein de l’UE, notamment le vote sur les nouveaux OGMs qui aura lieu la même semaine au Parlement.

Encore une fois, les paysan·nes de l’UE qui produisent pour le marché intérieur seront les premières victimes de cet accord et devront se confronter à cette concurrence inégale pour les secteurs de production de fruits (raisins, agrumes, fruits secs, jus, cidres) et légumes (pommes de terre, haricots, poivrons, oignons, asperges,…), de produits laitiers et de fromages, des fruits à coques, d’huile de soja, de viande porcine, de semences, d’engrais, de produits de la pêche… De plus, le mécanisme de sauvegarde destiné à protéger les agriculteurs contre un préjudice grave ne sera pas déclenché automatiquement. Son activation relèvera de la seule appréciation de la Commission européenne : il n'existe pas de seuil de déclenchement automatique, les délais pour mettre en place ce mécanisme ne sont pas contraignants, et le temps que l'enquête sur le préjudice soit finalisée, les dommages causés aux producteur·ices européen·nes seront déjà irréversibles.

Malgré une clause de sortie en 2029, cet accord asymétrique permettra aux États-Unis de renforcer leur propre agriculture industrielle pendant au moins 3 ans. Pendant ce temps, au sein de l’UE, notre souveraineté alimentaire, la régulation des marchés et nos normes seront affaiblies, ce qui renforcera nos dépendances vis-à-vis des États-Unis, bien que ce soit précisément ce type de vulnérabilité qui a mis l’UE dans un rapport de force défavorable.

Il est illusoire de croire qu’un accord commercial fondé sur la concurrence et le libre-échange permettra de créer des alliances solides et durables. Nous avons besoin d'accords internationaux garantissant la solidarité et la coopération, tout en renforçant notre autonomie stratégique en matière de besoins fondamentaux, à l'image du cadre international proposé par La Via Campesina pour un commerce agricole fondé sur la souveraineté alimentaire.


  Fuente: Coordination Européenne Via Campesina