Maghreb Online, 06 Juin 2026
L’UE presse l’Algérie d’avancer sur leur différend commercial
L’Union européenne s’impatiente face aux retards de l’Algérie dans la procédure d’arbitrage engagée autour de leur accord d’association. Huit mois après l’ouverture du contentieux, Alger n’a toujours pas désigné l’arbitre qu’elle devait nommer dans un délai de deux mois après la notification officielle de Bruxelles en juillet 2025.
Fin mars, une délégation de la Commission européenne conduite par Annika Eriksgård s’est rendue à Alger dans le cadre d’un dialogue économique bilatéral. Au-delà des discussions officielles, cette visite visait également à relancer une procédure d’arbitrage bloquée depuis plusieurs mois. L’UE a déjà désigné sa représentante, la juriste néerlandaise Isabelle Van Damme, tandis qu’un troisième expert reste à nommer par le Conseil d’association UE-Algérie.
Ce différend trouve son origine dans les restrictions commerciales imposées par Alger à plusieurs pays européens après les prises de position de l’Espagne puis de la France en faveur du plan marocain pour le Sahara occidental. Bruxelles considère ces mesures comme contraires à l’accord d’association liant les deux parties.
Malgré les tensions, plusieurs signes d’apaisement sont apparus récemment. Les ministres des Affaires étrangères français et algérien ont renoué le dialogue à la mi-mars, tandis que le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu son homologue espagnol José Manuel Albares pour relancer les relations bilatérales. Par ailleurs, la visite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni à Alger a confirmé l’importance stratégique de la coopération énergétique entre les deux pays, l’Algérie demeurant un fournisseur clé de gaz pour l’Italie dans un contexte d’incertitudes sur les approvisionnements internationaux.